REMY K. KATSHINGU

REMY K. KATSHINGU

Lire et voir

« Le futur appartient à ceux qui voient les possibilités avant qu’elles ne deviennent évidentes.«  Théodore Lewitt

L’économie comme science et comme politique

« L’ «  »économie » », en français, désigne à la fois un objet et son étude scientifique. L’économie, en tant qu’objet, ne nous lâche guère : quand nous n’y peinons pas comme travailleurs, nous en jouissons en tant que consommateurs. En fait, presque tout est à la fois économique et autre chose. C’est dire que l’objet «  »économie » » n’est pas vraiment un objet mais un aspect des choses, une façon de voir le monde, une optique ou un point de vue. C’est le monde perçu et mû par notre désir et notre besoin en général. Ce n’est pas l’aspect le plus beau et le plus intéressant du monde. Les choses les plus importantes n’ont pas de prix. L’amour, la dignité, la générosité et l’honneur cessent d’exister s’ils sont achetés et vendus. L’économiste connaît le prix de chaque chose et la valeur d’aucune. Mais on ne peut guère se passer de l’économie : il faut bien manger quelque chose et s’asseoir quelque part. En tant que connaissance scientifique, l’économie s’appelle aussi «  »science économique » », parfois «  »économique » », et autrefois «  »économie politique » ». Cette discipline est elle-même, dans la vie économique, un secteur contracyclique : la science économique se porte bien quand l’économie va mal (parce que l’on a alors besoin d’elle). » Conférence de Serge-Christophe KOLM

L’évolution du commerce mondial et le marché

« Existe- t- il une notion qui tombe plus sous le sens que celle de marché ? D’abord parce que le marché fait partie de notre vie quotidienne : si rien ne se perd, rien ne se crée, tout s’achète, tout se vend parce que se transforme… sauf exception. Sans un sou, sans espèces, sans chèques ou monnaie plastique on n’est rien : on va au marché, on va faire le marché, les grands titres de la presse, les grandes émissions de radio ou de télévision, les hommes politiques vous parlent des lois du marché, de la force du marché. Certains évoqueront la dictature du marché, de la nécessaire adaptation au marché. On vous parlera du marché des capitaux, des marchés financiers, du marché de l’Euro, du marché des fruits et légumes, des loisirs, et maintenant le marché de la santé. La politique elle-même est pleine de marché : le marché unique européen, la monnaie unique sont bien des créations politiques. Le budget est en déficit ; l’État est endetté et doit se refinancer au prix du marché… Au mieux nous nous représentons le marché, nous en avons une idée. Mais sa réalité matérielle, sa définition sont loin d’être évidentes alors que son existence relève de l’évidence. Alors comment appréhender cette réalité que personne n’a vu, mais que tout le monde vit ? Comment faut-il enfin l’appréhender comme choix de société ? Nous disons par exemple : «  » il faut s’adapter au marché «  ». Mais pourquoi devrions nous nous adapter à quelque chose qui serait notre création ? Et si ce n’est pas notre création, par quel biais cette réalité est-elle en mesure de s’imposer à nous ?  »